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Le Private Equity

11 août 2021 No Comments

Après l’Infrastructure Private Equity, le Real Estate Private Equity, le co-investissement et le Growth Equity, il était naturel de parler du Private Equity. Excellente lecture !

Bonjour et merci d’avoir accepté l’interview ! Quel est ton parcours ?

J’ai un parcours très classique. Après deux années de classe préparatoire, j’ai rejoint une école de commerce. Je me suis bien sûr spécialisé en finance d’entreprise. Mon école n’était pas cible des recruteurs en banques d’affaires ou dans les fonds de Private Equity. J’avais donc bien conscience que je devais optimiser mon parcours au maximum pour atteindre mon objectif professionnel.

J’ai donc décidé d’effectuer mes stages en banque d’investissement et en Private Equity. A la sortie de l’école, j’ai intégré une équipe de Transaction Services dans un Big Four avant de rejoindre le fonds de Private Equity chez qui je travaille actuellement en tant qu’Associate.

Présentation du Private Equity

Qu’est-ce que le Private Equity ?

Accompagnement de l’entreprise et revente

Le Private Equity est une activité d’investissement dans des entreprises non cotées en bourse. Le fonds de Private Equity devient actionnaire des sociétés dans lesquelles il investit et va les aider à se développer en les accompagnant dans leurs phases de croissance.

Le fonds de Private Equity va ensuite chercher à revendre ses parts de l’entreprise au bout de cinq à sept ans environ, en réalisant une plus-value.

Un rôle d’intermédiaire

Les fonds de Private Equity sont en quelque sorte des intermédiaires entre d’un côté, les sociétés qui ont besoin de capitaux pour se développer et de l’autre, des investisseurs privés ou institutionnels (les Limited Partners) qui vont placer leur capital auprès des fonds de Private Equity. Ces Limited Partners espèrent en contrepartie un certain rendement, en général plus élevé que des investissements traditionnels.

Quels sont les principaux acteurs à Paris ?

Une diversité d’acteurs

Private Equity Magazine publie régulièrement un classement des acteurs sur chaque segment en fonction du nombre d’opérations réalisées et des montants investis. On retrouve en Venture Capital des acteurs comme Idinvest ou Partech. Dans le segment Small Cap, nous avons Entrepreneur Invest, Turennes Capital ainsi que BPI France. Ce dernier est d’ailleurs positionné sur de nombreux segments, et pas seulement en Small Cap. En Mid Cap, on peut citer Eurazéo, LBO France ou encore Capza alors qu’en Large Cap, nous avons Naxicap ou Ardian. Cette liste est bien sûr loin d’être exhaustive, il y a de très nombreux acteurs en France.

Choisir le bon fonds

Je ne vous conseille pas de vous fier uniquement au classement que vous pourrez trouver sur internet lorsque vous cherchez votre premier emploi en Private Equity. Rejoindre un fonds d’investissement n’est pas comme intégrer une classe préparatoire ou une école de commerce. Il est primordial de savoir ce que l’on recherche.

Demandez-vous quel type d’ambiance et d’organisation vous souhaitez retrouver au quotidien. Certains gros fonds de Private Equity vont avoir un fonctionnement similaire aux banques d’affaires alors que d’autres fonds de taille plus modeste auront un esprit plus entrepreneurial. Le rythme de travail peut également être très différent selon les fonds. La sectorisation ou non du fonds est également un critère à prendre en compte. La localisation est aussi importante puisque vous pouvez décider de rejoindre un fonds régional en province ou de rester à Paris, voire de vous expatrier à Londres par exemple.

Tous ces éléments sont à mettre en perspective. Il n’y a pas de mauvais choix, certains privilégieront un petit fonds régional pour avoir plus d’autonomie quand d’autres voudront rejoindre un grand fonds américain à Londres pour être exposé à de plus grosses transactions. N’hésitez pas à contacter des alumni de votre école ou des gens en poste dans les fonds qui vous intéressent et à poser des questions pendant les entretiens. Vous pourrez ainsi vous faire un avis plus facilement.

Etes-vous sectorisés ? 

Géographies, tailles et types d’investissements

Là encore, tout dépend du type de fonds. Les fonds régionaux vont en général avoir des Limited Partners régionaux qui sont parfois des entités publiques ou parapubliques. D’autres fonds vont cibler toute la France, voire l’Europe ou le monde pour ceux possédant des bureaux dans plusieurs pays. La taille et le type d’investissements – minoritaire ou majoritaire –permettent également de distinguer les stratégies des fonds.

Sectorisation et ISR

Certains fonds généralistes vont investir dans tous types de secteurs alors que d’autres seront sectorisés. Depuis quelques années, on voit apparaître des fonds de Private Equity investissant dans tout ce qui a trait à l’écologie, l’environnement et la transition énergétique. Ils sont appelés des fonds impact, ou ISR pour investissement socialement responsable. Certains fonds impact vont d’ailleurs refuser d’investir dans des secteurs comme le tabac, l’alcool ou la pétrochimie.

Intégrer le monde du Private Equity

Quelles expériences sont valorisées pour une première expérience en Private Equity ?

L’idéal est d’avoir une expérience permettant d’être exposé à de nombreuses transactions, comme en M&A, en Leveraged Finance ou en Transaction Services. Vous aurez ainsi plus de chances d’être impliqué dans les différents aspects de l’analyse d’une entreprise, que ce soit la modélisation financière, l’analyse de marché ou la compréhension des performances historiques.

Comment préparer au mieux les entretiens ?

Il y a pas mal de choses à maitriser. Il y a bien sûr les habituelles questions de fit. J’ai d’ailleurs remarqué que cette partie est plus importante qu’en banque ou en cabinet de conseil. Les équipes sont plus petites et vous n’êtes plus un stagiaire parmi une dizaine d’autres. Il est donc d’autant plus important de s’intégrer à son équipe.

La compréhension du métier est également importante. Vous devez connaître les différentes phases d’une transaction, les critères d’investissement, la modélisation et l’analyse financière, la structuration juridique et fiscale… Ça fait beaucoup de choses à comprendre et ces sujets ne sont pas suffisamment abordés en école de commerce. Les fonds de Private Equity le savent mais leurs exigences se sont également adaptées à la quantité de CV qu’ils reçoivent. C’est pour cette raison qu’il vous faudra tout de même maitriser sur le bout des doigts ces différents concepts.

J’ai discuté récemment avec le PDG d’un cabinet de chasseurs de têtes en Private Equity. Il me disait qu’ils contactaient environ cent cinquante personnes pour un premier échange téléphonique, avant de ne présélectionner que quatre à cinq profils par poste. Les fonds peuvent donc se permettre d’être sélectifs.

Est-il envisageable de rejoindre le monde du Private Equity directement après l’école ?

Un recrutement un peu plus souple qu’avant

J’ai l’impression qu’il est maintenant un peu plus facile de rejoindre un fonds de Private Equity directement après l’école qu’il y a quelques années. Le plus simple est de faire son stage de fin d’étude en fonds et de bien s’intégrer au sein de l’équipe. J’ai déjà vu des personnes dans cette situation à qui on a fait ensuite une offre. La grande majorité des fonds continuent toutefois de recruter après quelques années d’expérience. Cela s’explique par l’exigence du métier et le nombre d’aspects qu’il faut maitriser : modélisation financière, structuration juridique, notions comptable, analyse stratégique… Un passage en banque ou en cabinet permet d’acquérir de bonnes bases.

Les levées de fonds

Les fonds de Private Equity lèvent régulièrement de nouveaux fonds. C’est en général à ce moment-là que l’on peut observer des recrutements. En effet, suite à la levée d’un nouveau fonds, les équipes d’investissement ont d’importantes poches de liquidités à déployer. Ils peuvent donc avoir besoin de nouvelles recrues.

On entend souvent que le Private Equity est un milieu élitiste, ne recrutant pratiquement que dans les meilleures écoles et parmi les meilleures banques. Qu’en penses-tu ?

Il faut nuancer car cela dépend énormément du type de fonds. Une bonne façon de comprendre le type de profil que le fonds recrute est de regarder la composition de son équipe d’investissement. Elle est pratiquement toujours présentée sur leur site. Si vous voyez que la plupart des membres de l’équipe sont des anciens de Goldman Sachs diplômés d’HEC ou de Polytechnique, cela risque effectivement d’être compliqué de les rejoindre si vous n’avez pas le même type de parcours.

Ce n’est toutefois pas le cas de tous les fonds, loin de là ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il ne faut pas se limiter aux plus gros. Certains vont plus valoriser les expériences que le parcours académique, même si bien sûr cela a ses limites.

Comment conseilles-tu de s’y prendre pour rejoindre un fonds de Private Equity après quelques années d’expérience ? 

Tu as bien sûr les sites généralistes, type Efinancialcareers ou même LinkedIn. Je vous conseille d’ailleurs de suivre sur LinkedIn les cabinets de chasseurs de têtes. N’hésitez pas non plus à consulter la presse spécialisée, comme CFnews, qui publie des offres d’emplois. Pour finir, il y a bien évidemment son réseau professionnel. J’ai d’ailleurs repris les principales ressources pour trouver un poste en Private Equity dans un article complet à ce sujet : Comment trouver un emploi en Private Equity ?

Invest Prep

Au vu de la concurrence et du manque de préparation proposée par les écoles de commerce, j’ai décidé de développer Invest Prep pour aider les étudiants. ainsi qu’une newsletter (trois emails par semaine) comportant des mini articles sur le secteur ainsi que les questions que l’on retrouve en entretien et leurs réponses. Pour les étudiants souhaitant un accompagnement plus poussé, nous proposons une formation comprenant des modèles financiers, des vidéos explicatives ainsi que des questions techniques.

A quelle fourchette de salaire peut-on prétendre en Private Equity à Paris ?

Opacité des rémunérations

C’est extrêmement dur de donner une fourchette de salaire car les rémunérations sont opaques et varient énormément d’un fonds à l’autre. Il faut savoir que le salaire est bien sûr composé d’une partie fixe, d’un bonus comme en banque d’affaires, de l’intéressement et de la participation ainsi que du carried interest passé un certain niveau de séniorité. Ce dernier élément est propre au Private Equity et peut représenter des montants assez importants.

Le carried interest

Le carried interest est en fait une participation à la surperformance du fonds. La majeure partie du capital d’un fonds de Private Equity provient des investisseurs institutionnels ou privés, les Limited Partners. Le reste provient de l’équipe de gestion du fonds. Le carried interest sera distribué à l’équipe du fonds si celui-ci dépasse un taux de rendement minimal, le hurdle rate.

Prenons un exemple. Un fonds de Private Equity s’est mis d’accord avec les Limited Partners pour fixer un hurdle rate à 8%. En dessous de ce taux de rendement, toute la plus-value sera distribuée aux Limited Partners. L’équipe de gestion ne recevra rien et perdra donc son investissement initial. A l’inverse, toute la plus-value au-dessus de ces 8% sera distribuée entre les Limited Partners et le fonds selon une règle de distribution prédéfinie. Cela permet d’aligner les intérêts entre l’équipe d’investissement et les Limited Partners.

Le quotidien

Quelles sont les étapes d’une transaction ?

L’analyse préliminaire

Nous étudions régulièrement de nouvelles opportunités d’investissement. Nous faisons donc une analyse exhaustive de la cible : compréhension du marché et de son positionnement, évolution du paysage concurrentiel ou encore analyse des performances historiques. Nous échangeons avec les dirigeants et les intermédiaires, comme les banques d’affaires, au cours de sessions de questions – réponses. Une fois que nous avons les réponses à nos questions, nous modélisons un premier business plan et essayons d’en déduire une valorisation.

Letter of intent et comité d’investissement

Une fois que nous avons ces éléments, nous envoyons une LOI, ou letter of intent, à l’intention des dirigeants. En plus de leur faire part de notre intérêt pour leur entreprise, nous présentons le fonds ainsi que la valorisation des parts que nous souhaitons acheter, le pourcentage de détention que nous visons ainsi que les instruments financiers utilisés. Nous rédigeons en parallèle une note d’investissement afin de présenter, en interne, la cible, la structuration envisagée, le rendement espéré et les raisons qui nous poussent à vouloir l’acquérir.

Suivi et accompagnement de l’entreprise

Si la LOI est acceptée et que l’opération est validée en interne, nous entamons les négociations juridiques. Une fois actionnaires, nous suivi l’entreprise et l’aidons à se développer, jusqu’à la sortie de l’investissement.

Sur quelles missions peut être amené à travailler un stagiaire ?

Le stagiaire participe généralement à l’analyse de l’entreprise, que ce soit en termes de business, de marché ou de performances financières. Tous ces éléments d’analyse apparaîtront dans la note d’investissement. Les stagiaires peuvent également participer à la modélisation financière et à recherche de comparables pour valoriser la cible. Ils peuvent enfin participer aux réunions avec les dirigeants et les autres parties prenantes, comme les banques d’affaires ou les cabinets d’avocats.

L’implication du stagiaire dépend bien sûr de la qualité du travail rendu et de sa volonté d’apprendre.

Quels sont les horaires en moyenne ?

Là encore, cela dépend énormément des fonds. Certains sont réputés pour avoir des horaires similaires à la banque d’affaires alors que d’autres proposent un meilleur équilibre de vie. En d’autres termes, on peut aussi bien finir régulièrement après minuit qu’avant 20 h.

En règle générale, les horaires sont quand même plus souples qu’en sell-side et le rythme s’intensifie à l’approche d’un closing.

Evolution et débouchés

Y a-t-il des grades, à l’instar de la banque d’affaires ?

Il y a bien sûr des grades au sein des fonds, même si les noms diffèrent selon l’institution. Les jeunes diplômés recrutés à la sortie de l’école seront Analystes et deviendront Associates ou Chargés d’Affaires par la suite. Avec les années, ils peuvent devenir Directeur d’Investissement puis Partner. Le nom et le nombre de grades varient selon le fonds mais ce sont en général ces titres que l’on retrouve le plus souvent.

Quels sont les débouchés ?

Le turnover est beaucoup plus faible qu’en M&A, en Transaction Services ou en conseil en stratégie car en plus d’être intéressant, il propose en général un meilleur équilibre de vie. C’est aussi pour ça qu’il est beaucoup plus dur de trouver une place dans le milieu. Ceux qui partent de leur fonds rejoignent en général un autre fonds, une entreprise en portefeuille ou se lancent dans l’aventure entrepreneuriale.

Quel est l’impact de la pandémie sur votre métier ?

Pendant le premier confinement, l’activité s’est arrêtée. Les différents acteurs ont vérifié la santé financière des entreprises en portefeuille et ont attendu de voir comment la situation évoluerait avant de faire de nouveaux investissements. L’intervention de l’Etat et des banques ont permis de faciliter la reprise.

Le mot de la fin : qu’aimes-tu dans ton métier ?

J’adore la diversité des missions. Ce métier regroupe tout ce que je cherche dans la finance d’entreprise : concepts techniques, analyse financière, compréhension d’entreprises et de marchés, notions juridiques et j’en passe. J’aime aussi l’idée d’accompagner une entreprise au quotidien. En plus de ça, tu es au contact de personnes avec des parcours intéressants et une bonne compréhension des enjeux du monde des affaires, que ce soient des investisseurs, des dirigeants d’entreprises, des banquiers ou encore des avocats. C’est stimulant !

Merci pour cette interview !

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