Le Petit Analyste vous présente aujourd’hui le Spring Week de Macquarie. Excellente lecture !
Salut et merci d’avoir accepté l’interview ! Quel est ton parcours ?
Après un baccalauréat scientifique, j’ai intégré une classe préparatoire scientifique à Toulouse. Cependant, le programme et les cours ne m’ont pas particulièrement plu. En me renseignant, j’ai découvert que certaines écoles de commerce proposaient des concours spécifiques pour les étudiants issus de prépas scientifiques. J’ai donc postulé à plusieurs établissements, dont l’EDHEC, où j’ai finalement été admise.
Après une première année généraliste à Lille, j’ai rejoint le campus de Nice pour me spécialiser en finance. J’ai également suivi un double-diplôme en finance de marché et mathématiques appliquées avec l’université Côte d’Azur. À l’issue de cette première année, j’ai effectué un stage de trois mois dans une entreprise du CAC 40. Malheureusement, l’expérience s’est révélée compliquée en raison du comportement inapproprié de mon manager, qui tenait des propos sexistes et déplacés. J’ai donc décidé d’écourter ce stage après deux mois. Suite à cette expérience, j’ai eu l’opportunité de participer au Spring Week de Macquarie à Londres. Actuellement, je suis en année de césure dans une banque française à Londres, où je travaille en tant qu’IRFX Solutions Sales.
As-tu candidaté à de nombreux Spring Weeks ?
J’ai soumis une trentaine de candidatures pour maximiser mes chances d’obtenir une place en Spring Week.
Comment as-tu préparé les tests en ligne ?
Je ne me suis pas préparé ! (Rires) Chaque test proposait une phase d’entraînement, ce qui m’a semblé suffisant.
Faut-il déjà avoir une expérience en finance ?
Il n’est pas indispensable d’avoir une expérience en finance pour un Spring Week, bien que certaines questions en entretien portent sur la culture financière.
Faut-il envoyer sa candidature dès l’ouverture ou plutôt à la rentrée ?
Les candidatures ouvrent entre juillet et octobre. Comme j’étais en vacances pendant l’été, j’ai commencé à postuler en septembre.
As-tu networké pour obtenir un entretien ?
Je n’ai pas cherché à networker et je ne pense pas que cela soit nécessaire. Les processus de recrutement sont bien structurés et chaque candidat a sa chance.
Les entretiens pour le Spring Week
Quelles sont les différentes étapes ?
Une fois ma candidature soumise, j’ai passé des tests en ligne avant d’être invitée à un entretien vidéo de type HireView. L’offre m’a été envoyée par la suite, sans entretien téléphonique ni en présentiel.
L’entretien HireView comportait une dizaine de questions classiques, notamment sur mes motivations à rejoindre Macquarie, ainsi que quelques brain teasers et des questions de culture financière. Aucun sujet purement technique n’a été abordé.
Pour les questions de motivation, il est important de bien préparer ses réponses en amont. Comme le temps de réponse est limité à deux minutes, il faut être concis. Concernant les brain teasers, le raisonnement est plus important que la réponse elle-même. Il faut donc détailler chaque étape du raisonnement. Enfin, je conseille de lire la presse spécialisée la veille de l’entretien pour être au fait des dernières décisions de la BCE et de la FED.
Au bout de combien de temps es-tu rappelée ?
J’ai été recontactée en janvier pour passer le test en ligne et l’entretien vidéo. L’offre m’a été envoyée une semaine plus tard.
Pendant le Spring Week chez Macquarie
Quelle était la taille de la promotion ?
Le programme comptait une centaine d’étudiants, dont une majorité issue de formations en finance ou économie. Nous étions cinq Français : trois de l’EDHEC, une d’HEC et une de Dauphine.
Comment s’est déroulé le Spring Week ?
L’expérience a duré cinq jours. Le premier jour était une introduction au programme. Ensuite, chaque journée était consacrée à une activité principale de la banque : Risk Management, Macquarie Asset Management, Macquarie Capital (M&A) et Commodities and Global Markets.
Le networking était omniprésent, aussi bien durant les sessions de travail que pendant les repas sous forme de buffets. Un dîner a également été organisé dans les locaux, où les professionnels changeaient régulièrement de table afin d’échanger avec les étudiants.
Des activités ludiques étaient aussi prévues, comme un jeu de négociation en M&A où les participants étaient répartis en équipes d’acheteurs et de vendeurs. À la clé : des tablettes de chocolat ! (rires)
Comment était l’ambiance ?
Les professionnels étaient bienveillants, et il était essentiel de faire bonne impression, car ce sont eux qui décident des invitations aux entretiens pour les Summer Internships.
L’ambiance entre les participants était globalement bonne, bien que certains cherchaient un peu trop à se mettre en avant. Cela dit, ce type de comportement existe dans tous les environnements compétitifs.
Quel est l’entretien auquel tu faisais référence ?
À la fin du Spring Week, nous classons par ordre de préférence les différentes divisons ( Risk Management, Macquarie Asset Management, Macquarie Capital (M&A) et Commodities and Global Markets) avant d’être éventuellement rappelé.
Ensuite, les RH nous contactaient pour nous informer de la division et de l’équipe où nous étions sélectionnés afin de passer des entretiens.
Le processus d’entretien variait selon la branche choisie. Pour ma part, j’ai eu deux entretiens de 45 minutes : le premier avec une graduate student et un membre de l’équipe, et le second avec le chef d’équipe. Quelques questions techniques ont été posées, notamment sur les swaps, futures et options. Les connaissances acquises en cours étaient suffisantes pour y répondre.
Les entretiens se sont bien passés, et j’ai beaucoup apprécié l’équipe. Malheureusement, bien que mon profil les ait intéressés, ils n’avaient plus de place et je n’ai donc pas reçu d’offre.
Comment les recruteurs perçoivent un Spring Week ?
Les recruteurs français ne semblent pas accorder beaucoup d’importance aux Spring Weeks. Certains n’en ont même jamais entendu parler, tandis que d’autres savent qu’il s’agit avant tout d’une semaine d’observation. En revanche, cela a été un atout auprès des recruteurs britanniques lorsque j’ai recherché un stage pour mon année de césure. De plus, étant déjà sur place, cela m’a facilité les entretiens ! (rires)
Recommandes-tu l’expérience ?
Je recommande vivement cette expérience. Bien que vous n’acquerrez pas une expertise approfondie en finance, vous comprendrez mieux le fonctionnement d’une banque d’affaires et les interactions entre les équipes. Par ailleurs, cela peut constituer une porte d’entrée pour un Summer Internship l’année suivante.